29/08/2019

Les villes, laboratoires artistiques à ciel ouvert

Utile pour colorer un chantier, réhabiliter un quartier ou donner un aspect moderne et contemporain à des installations industrielles un rien grises, le street art intéresse de plus en plus les pouvoirs publics et les entreprises, Colas comprise. La preuve par quelques exemples emblématiques.

Évidemment, tout le monde connaît Banksy. Mais le street art n’a pas attendu le mystérieux artiste britannique pour gagner ses lettres de noblesse. Graffiti, tags, pochoirs, mosaïques, stickers, affichage, dessins géants tracés à la craie ou à la peinture, sur le sol, les murs et les plafonds…Non seulement les entreprises ne redoutent plus les graffeurs et autres street artists, mais elles les financent, le plus souvent dans le cadre d’opération de mécénat ou de leur politique RSE.

Quand le street art embellit la ville

Ce type d’actions concerne également les pouvoirs publics et les collectivités territoriales. Là encore, les choses ont bien changé en une vingtaine d’années. Un temps jugées timides vis-à-vis de la culture urbaine, les métropoles françaises comme Paris ou Lyon – habituées des murs peints depuis des générations – n’ont plus rien à envier à des villes comme Montréal, New York ou Berlin même si c’est dans un village de… l’Allier qu’il faut chercher le temple hexagonal de la culture urbaine. Lurcy-Lévis, 2000 habitants et 22 000 mètres carrés recouverts de fresques, repartis dans une quinzaine de bâtiments – un ancien centre de formation de la Poste, un château, un ancien hôtel désaffecté…

Racheté à la fin des années 90 par un couple, Gilles et Sylvie Iniesta, le lieu rebaptisé Street Art City est aujourd’hui devenu le rendez-vous des graffeurs du monde entier, attirés par la promesse de voir leurs œuvres vivre tranquillement, sans qu’aucune rénovation ou projet immobilier n’en menace la pérennité. Le traumatisme de la destruction des œuvres du 5Pointz, l’espace d’exposition d’art en plein air de Long Island, détruit en 2013, est encore vif dans le monde du street art. Ouvert au public, Street Art City reçoit près de 20 000 visiteurs par an, attiré par le travail des quelque 80 artistes sélectionnés chaque année parmi plus de 900 candidatures. Haut-lieu de la création, la « ville » d’Auvergne s’est imposée en quelques années comme une sorte de Villa Médicis du street art, toute proportion gardée.

Collectivités, artistes et entreprises main dans la main

Au pied du Mont-Blanc, du côté de Saint-Gervais, c’est la mairie qui a porté un projet particulièrement emblématique. En plein centre-ville, onze artistes établis ont été invités en 2017 à habiller à leur manière un parking souterrain vieux d’une petite quarantaine d’années. Un immense terrain de jeu étendu sur onze niveaux, un par créateur. Une toile de béton brut immense et en trois dimensions, puisque tout le défi consistait à habiller 450 m² de parois et 500 m² de plafonds pour chaque étage… En quelques semaines, le vieux parking rebaptisé 2KM3, (pour 2 000 mètres cubes de volumes confiés aux artistes) s’est transformé en un immense musée gratuit du street art, ouvert 365 jours par an et 24 heures sur 24. En tout, 11 500 m² de béton se sont transformés en œuvres d’art grâce à l’utilisation de la bagatelle de 5 500 litres de peinture et de 2 500 bombes aérosol. Porté par le maire de la commune, le projet a été financé par une douzaine de mécènes privés qui ont apporté une aide matérielle – l’un d’eux a entièrement repensé l’éclairage du site en le rendant au passage écoresponsable – ou financier, au titre du mécénat culturel.

Colas n’est pas en reste, d’autant que ses activités mettent par nature le groupe au cœur des enjeux de mobilité et d’urbanisation responsables, y compris sur le plan de l’esthétique. En 2018, Colas s’est engagé dans un programme d’art urbain cohérèrent avec ses métiers, en ciblant à la fois des sites de production, des unités d’exploitation ou les bases de vie installées sur différents chantiers. Parmi les exemples marquants, le cas de la fresque créée par l’artiste Mathias Orhan, alias BREZ qui habille désormais la centrale à béton, du groupe Servant, dans l’Hérault, ressort avec force. Réalisée à la demande de la filiale Colas Midi-Méditerranée, l’œuvre de l’artiste déjà célèbre pour le travail mené sur la rocade L2 de Marseille, s’étend sur près de cent mètres carrés et habille la structure du bâtiment d’une abstraction géométrique aux couleurs chaudes – un écho aux couleurs associés au midi, bien sûr, mais aussi aux bétonneuses familières des voisins du site, jaunes et rayées de rouge. L’oeuvre est réalisée en partenariat avec Planète Émergences, une association loi 1901, qui a pour ambition de mettre en œuvre des projets territoriaux associant création artistique et cohésion sociale. Repère immanquable à l’entrée de la ville, l’œuvre s’offre depuis l’an dernier aux regards des automobilistes et des passagers des trains qui longent le site.

La centrale à béton du groupe Servant, dans l’Hérault

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